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Setis

La construction du «Sétis» a débuté en 1938 sous l’impulsion de Raoul Durand, entrepreneur parisien pour qui financer l’achat d’un yacht classique demeurait un rêve inaccessible.

Construction

La construction du «Sétis», à l’époque nommé «Anny Maria » a débuté en 1938. Raoul Durand, élevé sur la gabarre familiale entre Dordogne et Gironde, embarque à 12 ans comme mousse à bord du trois mâts «Aquitaine» qui fait la liaison entre Bordeaux et les terre-neuvas lors des campagnes de morue pour apporter courrier, avitaillement et rapporter la pêche. Cette expérience difficile le décide à travailler à terre mais il conservera le goût de l’aventure maritime.

Il fait construire à Bordeaux un petit cotre de 9 mètres en 1927, puis, la famille s’agrandissant, il esquisse avec le chantier « Batifort » des Sables d’Olonne un nouveau bateau de plaisance. L’« Anny Maria » s'inspire des formes du dundee, qui avec les gazelles et autres unités traditionnelles en bois constituaient la flottille de pêche locale. Une démarche singulière guidée par un impératif économique qui pourrait faire de ce bateau l’une des premières unités de plaisance issue de la pêche et construite avec les moyens financiers de la classe moyenne pour laquelle les «yachts classiques» étaient financièrement inaccessibles. Il préfigure ainsi avec une vingtaine d’année d’avance, l’essor de la plaisance populaire. Issu d’un savoir-faire régional, ce ketch aurique s’inscrit dans la tradition de construction navale traditionnelle développée entre Loire et Gironde.

La coque pontée est mise à l’eau le 20 juin 1940, la veille de l’arrivée des troupes allemandes aux Sables d’Olonne.

Histoire

Il est immatriculé, dans un premier temps, à la pêche pour ne pas être réquisitionné. Les deux enfants aînés de la famille Durand étant mobilisés, les cadets Claude 13 ans et Yolande 26 ans passeront l’hiver suivant à bord, éloignés des dangers de la capitale, gardant le vieux gréement dans des conditions de froid et de précarité extrême. Puis Raoul Durand refusant la collaboration, ferme son entreprise en 1940 et les rejoint le bord. Les travaux sont ralentis par manque de moyens financiers et la difficulté à trouver les pièces. Il faudra attendre 1946 pour qu’il soit maté et achevé. Les premières navigations se font dans les champs de mines et les mouillages désert. Le navire hiverne sur la Seine et l’été navigue de l’île de Wight à Bordeaux en famille jusqu’au décès de Raoul Durand en 1961 et à la vente du bateau à Marans (17).

Mon âme, Mon esprit, Mon bateau, Ne sont pas à vendre

Maxime de Raoul Durand gravée sur une plaque de laiton à bord. 

Changements de propriétaires

Finalement revendu rapidement, on le retrouve dans les années 70 en Méditerranée sous le nom de «Sétis». La société Sud Croisières, au Cap d’Agde, l’exploite via leur société Sud Croisière de 2000 à 2013, skippé entre autres par un des actuels co-propriétaires.

Entré en chantier de restauration en 2013 chez Daniel Despierres à La Rochelle, il est mis à l'eau en juillet 2015 et termine sa restauration dans la darse du slipway avant de rejoindre la flotte des yachts classiques amarrés sur les quais du musée maritime. En 2017, il navigue à nouveau, et l’année d’après, une association est créée «Les Amis du Sétis».

Caractéristiques

Année1940
TypeKetch aurique
ArchitecteRaoul Durand (esquisses)
ChantierBatifort (Sables d'Olonne)
Longueur hors tout17,40 mètres
Longueur au pont12,10 mètres
Bau maximum3,84 mètres
Tirant d'eau1,60 mètres
Déplacement11,20 tonnes
Lest6 tonnes
MoteurDiesel Nanni CV 62 (Origine Moteur Beaudouin à essence)
AgrémentÀ l'année en 2015