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Exposition RUBI

Du 26 novembre Au 26 février

Bernard Rubinstein: Itinéraire d’un Marin, Journaliste, Collectionneur

Infos pratiques

Type de public :

Grand public

Famille

L’ÉVÈNEMENT

Du 26 novembre 2022 au 26 février 2023, le Musée maritime de La Rochelle accueille l’exposition RUBI, Bernard Rubinstein, Itinéraire d’un marin, journaliste, collectionneur.

Consacrée à une figure du nautisme, de la course au large, de la presse et de la culture de la mer, acteur éminent du monde maritime, cette exposition est le fruit d’une volonté commune du Musée national de la Marine et de la Ville de La Rochelle, sur une initiative de l’Association Amis de Bernard Rubinstein.

Avec des photos, vidéos, textes et documents éclairant la vie d’un homme original et attachant, aussi aventurier que cultivé, avec les maquettes et objets d’une collection unique principalement consacrée aux phares et rassemblés avec passion et patience durant toute une vie, l’exposition RUBI a pour ambition de montrer au grand public l’œuvre d’un témoin et acteur de la révolution de la plaisance des cinquante dernières années.

Grâce au soutien de partenaires engagés -Fondation Bénéteau, Groupe Bénéteau, Agence Effets Mer, Chantier Fountaine-Pajot, Cerealog Sap, Crédit Mutuel, Musée maritime de La Rochelle, Musée de la Marine, Ville de La Rochelle, Fondation Sodebo, Soromap et TBS- l’exposition RUBI ouvre ses portes au grand public le 26 novembre 2022.

L’HOMME

Équipier d’Eric Tabarly à bord du voilier Pen Duick VI lors de la première course autour du monde en équipage, surnommé Rubi par son chef de quart Olivier de Kersauson, Bernard Rubinstein est naturellement passé du métier de coureur au grand large à celui de reporter photographe pour la presse nautique. Rédacteur en chef puis directeur de la rédaction du mensuel Voile Magazine, Rubi a assuré durant plus de quarante ans, reportages de course, articles techniques, récits de croisière, essais de voiliers, portraits de marins, de chefs d’entreprise, d’artisans, de professionnels du nautisme et de gardiens de phare. Collaborateur du magazine télévisé Thalassa, pour lequel il a réalisé de nombreux sujets de culture maritime, il a signé des documentaires remarqués, tels le film consacré au remorqueur de haute mer Abeille Flandre ou celui qui décrit une violente tempête en Bretagne. Auteur de trois livres, Rubi a collaboré aux revues Le Chasse-Marée et Sauvetage, l’organe des sauveteurs en mer.

Figure du nautisme, connu de tous, Rubi arborait une silhouette immanquable sur les pontons des départs de course ou dans les allées des salons nautiques : casquette vissée sur le crâne, pipe au bec et sac photo sur le dos, il interpellait constructeurs, navigateurs et vendeurs d’une voix bourrue que démentait un sourire lumineux.

Amoureux de la mer et des marins, passionné d’histoire et de culture maritime, Rubi fut aussi l’inventeur d’une collection aussi unique qu’originale, entièrement consacrée à l’univers des phares qui balisent les côtes de France et d’Europe. Composée de maquettes, documents, affiches, objets divers, reproductions et miniatures parfois naïves ou touchantes, cette collection, dont l’exposition du Musée maritime de La Rochelle présente un échantillon significatif n’avait pas vocation à rester enfermée dans son appartement parisien. Rubi voulait partager sa passion avec le grand public. Emporté par la maladie en juin 2020, il n’a pas pu aller au bout de son projet.

L’EXPOSITION

Réunis en association, les amis de Bernard Rubinstein ont décidé de mener à son terme le grand projet que Rubi avait commencé à préparer. Avec le soutien inestimable de la Ville de La Rochelle et du Musée national de la Marine, lequel a généreusement prêté la partie de la collection donnée par les ayants droit de Bernard Rubinstein, avec l’aide précieuse de partenaires sans lesquels cette manifestation n’aurait pu voir le jour, l’exposition Rubi a pour ambition de dire qui était l’homme, acteur et témoin de la spectaculaire conversion de la France à la passion de la mer, dans le sillage d’un héros dont il était proche, un marin unique nommé Éric Tabarly.

L’exposition RUBI, Bernard Rubinstein, itinéraire d’un Marin, Journaliste, Collectionneur braque les projecteurs sur un acteur et témoin de la révolution de la plaisance française, un conteur et passeur d’histoires, un passionné de culture et de traditions maritimes. Conçue par le scénographe Pierre Verger, elle s’articule en un triptyque qui éclaire les vies et les passions de Rubi.

La partie « Marin » illustre les premiers bords d’un garçon né en 1946 à Rennes d’une famille d’origine russe. Comme tous ceux de sa génération, Bernard Rubinstein a appris la voile sur de petits dériveurs en bois avant de se lancer au large sur les premiers voiliers habitables en plastique. Des bateaux de croisière produits en grande série dans des chantiers rochelais, alors en pleine croissance. Mais c’est Eric Tabarly qui changea à tout jamais la vie du jeune homme. Le plus célèbre des skippers français l’intégra à l’équipage de son grand voilier Pen Duick VI -dont on pourra voir un belle maquette- pour disputer la Whitbread Round The World Race 1973-74, la première course autour du monde en équipage de l’histoire. Avec ses diplômes scientifiques, celui qu’Olivier de Kersauson baptisa immédiatement « Rubi » exerçait jusque-là le métier de professeur de mathématique. Rubi devint coureur au large à plein temps. Il disputa championnats du monde et courses transatlantiques, avant de repartir une nouvelle fois autour du monde à bord d’un voilier baptisé Neptune, du nom même du magazine pour lequel il fit ses premiers reportages.

La partie « Journaliste » raconte comment Bernard Rubinstein se réinventa une nouvelle fois. Avant même d’avoir raccroché son ciré de coureur quasi-professionnel, il devint reporter photographe dans la presse nautique. Avec une incontestable légitimité de double cap-hornier et son excellente compréhension de tous les aspects techniques de la navigation, il ne lui restait qu’à apprendre à écrire et à photographier. Ce qu’il fit naturellement au contact des meilleurs. Il livra son premier reportage au mensuel Neptune Nautisme, alors l’un des titres phares de la presse nautique. Le sujet lui était familier : il s’agissait de raconter la quatrième et dernière étape de la course autour du monde. Puis tout s’enchaina : couverture des départs des grandes courses océaniques comme la Transat anglaise, la Route du Rhum tout juste créée -dont il couvra tous les départs pendant vingt ans-, la Fastnet Race marquée par une terrible tempête, portraits de coureurs avec lesquels il navigue -d’Alain Colas à Armel Le Cleach’-, articles techniques, essais de bateaux, récits de croisière.

Nommé rédacteur-en-chef adjoint, il franchit une nouvelle étape en collaborant à l’émission phare Thalassa, sur France 3. Que ce fût en plateau avec de savoureux petits sujets de culture maritime, ou au large, en collaborant avec le réalisateur Dominique Pipat pour des documentaires remarqués -dont l’exposition présente des extraits-, Rubi démontra de nouveaux talents sans jamais renoncer à sa discrétion ni à sa simplicité.

En 1995, il participa à la création du mensuel Voile Magazine, avant d’en devenir rédacteur-en-chef puis directeur de la rédaction. A ce titre, il présida avec rigueur et passion à l’élection du « Voilier de l’Année », moment unique de rencontre et de partage avec les lecteurs de Voile Magazine. Quand vint le temps d’une retraite toute théorique, il continua à livrer reportages et essais à Voile Magazine, tout en collaborant à la revue de culture maritime Le Chasse Marée et à Sauvetage, le trimestriel des sauveteurs en mer.

La partie « Collectionneur » donne à voir une troisième facette de la personnalité de Rubi. Curieux de tout, passionné de culture maritime, ce marin journaliste a commencé par collectionner les naïves miniatures anciennes et autres scènes de la vie maritime qu’on trouve dans les brocantes ou au marché aux puces. Il en tira un livre savoureux « Souvenirs des bords de mer » (Gallimard), avant de se débarrasser presque totalement de cette première collection pour en construire une deuxième, entièrement consacrée, celle-là, à l’univers des phares.

Tous les aspects ou presque de la sphère des grandes tours qui signalent la terre aux marins et balisent leurs nuits, tous les détails le passionnent. Il rencontre les derniers gardiens, s’installe à Cordouan pour plusieurs jours et plusieurs nuits et rassemble dans son appartement parisien transformé en musée des centaines de maquettes, miniatures, scènes de genre, accessoires, documents, affiches, jeux et jouets illustrant ce thème unique du rapport des hommes avec les lumières qui les protègent. Un trésor original et touchant, dont une partie fut donnée au Musée national de la Marine et l’autre acquise par ses amis pour en éviter la dispersion. Là encore, Rubi en avait tiré un livre « Éclats de Phares » (Chasse Marée/Glénat).

Pour la première fois, l’exposition Rubi au Musée maritime de La Rochelle donne à voir une partie essentielle de ce qui était bien plus qu’une manie, bien mieux qu’une passion : une quête et un partage.